Au bistro de la Toile :
Lé-on, un Miracle !
Lé-on, un Miracle !
- Eh ! Victor, mieux que Zidane qu’il a fait le pape au stade de France ! Avec Leon la religion fait recette et le miracle a la côte. Il parait que le miracle « made in France », c’est ce qui se fait de mieux. Lourdes truste les miracles. Loin devant les autres miraclodromes ayant quelque notoriété, comme Fatima chez les Portos, lancé sous une dictature en 1917. Pour revenir à Lourdes, sur les 67 miraculés reconnus à ce jour, 80 % sont des femmes, cinquante-cinq sont français, six italiens et trois belges. Eh ! Oh ! C’est du sérieux ça ! Label France ! Cocorico ! Et féministe en plus : c’est Marie qui fait les miracles, pas les mâles de la tribu !
- Ouais Loulle, mais ces miracles, c’est tout de même petit bras. Un type qui marche un peu mieux, une femme dont la tremblotte s’arrête, une qui recouvre une partie de la vue, etc. C’est bien, mais c’est pas assez spectaculaire. C’est du miracle d’entrée de gamme, du miracle de consommation courante. C’est pas ça qui résoudra le déficit commercial de la France. Ce qui nous faudrait, c’est du miracle A.O.C. De l’incontestable. Un vrai beau miracle. Un qui ferait gratter les boyaux de la tête même à un vieux mécréant comme moi.
Tè, avec Léon à Lourdes, ce serait le bon moment, devant toutes les télés du monde.
- C’est pas con ça Victor. Qu’est-ce que tu verrais comme miracle trapu ? Qu’il pousse un cerveau de plus à Trump pour qu’il ne dise plus de connerie ? Que Macron se bouge un peu le tafanari ? Que l’OM gagne un match ? Ou même qu’il pleuve ?
- Mouais… Pas assez spectaculaire tout ça Loulle. Non, ce qui marcherait, ce serait par exemple la repousse de la jambe arrachée d’un accidenté de la route. En direct à des heures de grande écoute. Devant les caméras du monde entier. Attends, au barbu qui est « tout puissant », ça y coûterait quoi de plus ? Rien. C’est aussi facile pour lui justement puisqu’il est « tout puissant ».
- …teng ! Je vois ça d’ici Victor. Au 20 heures de TF1, de France2 et de Arte, on verrait sortir doucement une belle jambe toute neuve, toute rose, frémissante, sortant comme le poussin de l’œuf du moignon sanguinolent ! Avec des gros plans bien cadrés. Sous les Hourras et les Alléluias de la foule déchainée ! Des conversions payantes à tout va, des listes d’attente pour les miracles, les hôtels pleins, les devises qui rentrent, la « croissance », d’abord de la jambe, puis de l’économie du pays…
- Ben, c’est pas demain la veille Loulle. Tè ! Sers-nous un rouge. Celui-là, s’il n’est pas miraculeux, il est fort agréable !
Attends, un miraculeur célèbre le dénommé Jésus, lui, il transformait l’eau en vin ! Pas étonnant qu’il aie eu plein de copains qui le suivait le mec…
Victor Ayoli
************
C’est la journée « Alzheimer ».
Vous voulez du vécu ?
En voilà.
- Tu te souviens Nicole lorsque tu étais fleuriste ? Tu étais belle à rendre jalouses les plus somptueuses de tes roses. Et efficace ! Bien des hommes achetaient chaque semaine un bouquet pour leur femme pour avoir l’occasion de te voir…
- C’est vrai. Il y en avait même qui m’offraient de beaux bouquets de roses rouges !
- Que tu t’empressais de remettre à la vente dès que ton soupirant transi avait tourné les talons !
- Chut ! Faut pas le dire ça…
-Tu étais la plus belle fleur de ta boutique, et c’est moi qui l’ai cueillie ! Tu t’en souviens ?
- Ben oui, un peu quand même… Tu m’as invité à aller à la mer je crois.
- Voilà. En fait, c’est drôle : un type en camion accroche et déchire l’aile de la belle bagnole de sport que j’avais à l’époque. Il se trouve que c’était à quelques mètres de ta boutique. Je n’avais pas de formulaire de constat d’assurance, le type du camion non plus, je suis donc entré dans ta boutique et je t’ai demandé si tu avais ce genre de chose. Tu avais, tu me l’as donné. C’était samedi. Le lendemain donc, je suis venu, je t’ai commandé un gros bouquet de roses rouges… que je t’ai offert ! Avec une enveloppe dans laquelle j’avais glissé un chèque intitulé ainsi : « 10 000 baisers » ! Et je t’ai invité à venir avec moi à la Grande Motte.
- « Oui, mais j’ai mon fils !
- Très bien. Quel âge il a ?
- Dix ans.
- Extra ! Moi j’ai ma fille qui en a onze…
Les deux gamins se connaissaient de l’école ! Ils ont tout de suite été copains et complices de nos amours.
- Oh oui. Non, je n’ai pas oublié, comme dit la chanson.
Même que j’ai manqué la sortie de l’autoroute tellement je reluquais du coin de l’œil tes longues jambes sous ta courte jupe en « jean’s »…. Puis la plage, le rituel complice de l’ambre solaire, les premières caresses plus ou moins fortuites, les premiers regards magiques, ceux qui disent tout… Enfin tu m’as ouvert ta porte, tu m’as ouvert ton lit, tu m’as ouvert ton cœur, tu m’as ouvert tout ce qu’une femme peut ouvrir à un homme. J’y suis entré, je m’y suis trouvé si bien… que j’y suis resté et que j’y suis encore, 35 ans après !
- Ouais ! C’est joli ça dit. Viens que je claque la bise.
- Puis tu as vendu ta boutique et tu es venue travailler avec moi. Au service publicité du magazine que je dirigeais.
- Ouais… Je me rappelle un peu. C’est loin ça… Je crois que je m’occupais du secteur rive droite du Rhône.
- Voilà. Tu allais de Nîmes à Montpellier, et même Narbonne, Perpignan. On allait même à Barcelone. C’est dingue ! Tu en faisais des bornes avec ta jolie petite bagnole branchée, la 309 « Green » avec toit ouvrant.
- Mon dieu. C’est vrai. Je me souviens de l’immeuble de la Région Languedoc-Roussillon à Montpellier. Dix-sept étages que je montai à pied. Parce que moi, les ascenseurs, j’ai peur…
- C’est ça qui te donnait de belles gambettes et une silhouette de reine. Tu es rapidement devenue la meilleure négociatrice de pub du canard. Les chefs d’entreprise et les dirigeants qui étaient tes interlocuteurs, tu savais les vamper ! Lorsqu’ils étaient trois à négocier face à toi seule, les pauvres, ils étaient en infériorité numérique !
À cette époque, je me suis rendu compte que Nicole avait des difficultés avec sa mémoire. Notre toubib m’a donc demandé de l’emmener en consultation chez un neurologue. Pas facile de convaincre quelqu’un de faire cette démarche. J’y suis pourtant arrivé non sans mal, avec l’aide de son fils Sébastien et nous voilà chez le spécialiste en question, à Avignon. Une horreur ! Neurologue, peut-être, mais avec autant de psychologie qu’un CRS dans une manif !… Le mec : petites lunettes cerclées d’acier, physique de sarment de vigne et comportement pète-sec. Très désagréable.
Nicole était évidemment perturbée par ce genre d’examen et voilà que ce type entame avec elle un véritable interrogatoire de flic. « Votre nom ? – Où êtes-vous née ? - Nom de votre père, de votre mère ? - Où êtes-vous ? - Combien font 100 moins 7 ? » etc. Il s’agit là d’éléments d’un test de dépistage des troubles de la mémoire, mais la manière de faire ce test n’était pas très appropriée. Puis il m’a fait venir et nous a dit, avec son air supérieur : « Il faut faire un scanner de la tête pour dépister une éventuelle tumeur du cerveau, puis un Doppler. Vous reviendrez dans un mois et on décidera… »
On a surtout décidé de fuir à tout jamais ce sinistre mec. Ce docteur Mengélé de sous-préfecture. Ma Nicole est sortie de là enfoncée dans les trente-sixièmes dessous. Il nous a fallu – à Sébastien et moi - des trésors de patience et de persuasion pour rattraper les dégâts occasionnés par un personnage dont on se demande ce qu’il fait dans le monde médical.
Deux ans plus tard, nous avons rencontré un autre neurologue, à Rodez puisque nous étions en Lozère. Très gentil, très doux, souriant, compréhensif, amical, et grâce à lui nous avons réussi à faire ces fameux examens qui nous ont rassurés d’un côté mais nous ont confirmé un diagnostic difficile à encaisser…
Nous faisions tout de même beaucoup de vélo, je lui faisais faire des Suduku, elle a ressorti la collection de timbres de son enfance, elle a entamé une collection de pièces de monnaies, je me suis toujours efforcé de lui garder une vie sociale : on reçoit des amis, on va chez d’autres, etc. Mais la descente est irréversible.
Il y a eu pour moi un moment crucial dans cette descente, c’est lorsque Nicole est devenue incontinente… Difficile de découvrir que ces lieux magiques, source de bonheur, ont aussi une fonction physiologique… La première fois que c’est arrivé, je me suis emporté contre Nicole. « Mais enfin, tu ne pouvais pas le dire ? Fais attention, merde ». C’était le terme approprié.
Alors, elle s’est accrochée à mon cou et, ses beaux yeux pleins de larmes, elle m’a dit avec une voix blanche de petite fille prise en faute : « J’ai pas fait exprès. »
Bien sûr qu’elle n’a pas fait exprès ! Bien sûr. Quel kon j’étais, quel sinistre abruti. Je me traitais intérieurement de tous les noms. Je me serais battu. C’est elle la plus malheureuse, la plus humiliée, pas moi. Alors je me suis juré de ne plus jamais, jamais, jamais lui « crier après ».
Nicole, ma belle maîtresse, ma compagne, ma chérie, mon amour sur laquelle est tombée une calamité, il y a une vingtaine d’années maintenant : Alzheimer. Une horreur. Vous voyez régresser jour après jour celle que vous aimez. Vous la voyez descendre irrémédiablement. Vous la voyez s’étioler physiquement, s’évaporer mentalement.
Vous subissez les conseils de personnes qui pensent que vous devriez « la mettre dans une maison spécialisée ». Moi je m’y suis toujours refusé et j’ai choisi de m’en occuper tant que je serai là. Mais ce tête à tête permanent avec la déchéance de la personne que vous aimez est très éprouvant. D’abord les dialogues qui s’étiolent, qui perdent toute pertinence, puis vient le coup de barre : lorsque, pour la première fois, vous êtes confronté à l’incontinence. Vous découvrez alors ce que vous avez tant adoré sous des horizons nouveaux si je puis dire…
J'ai eu la chance de rencontrer un vieux toubib qui m'a donné sans fioritures le "mode d'emploi" en quelques paroles: "Ces personnes communiquent par l'affectif. C'est bon ou pas bon, vous êtes ami ou ennemi. Ne jamais avoir des paroles ou des attitudes de colère lorsque elle répète trois fois la même demande. Elle a oublié, elle, mais pas vous ! Donc si vous intégrez cela, ça ira, sinon vous allez en prendre plein la gueule."
A partir de là, en parfait accord avec Seb, le fils de ma chérie, nous avons fait appel à de l’aide extérieure. Sous forme de la venue à domicile, chaque matin hors ouiquinde, puis tous les jours matin et soir d’une aide-soignante se chargeant de la toilette de ma compagne. Puis, deux fois par semaine par la venue d’une aide à domicile venant tenir la maison un peu mieux que ne le fait un homme !
Et j’ai découvert deux choses : d’abord que notre pays, notre république, même imparfaite – et je suis le premier à gueuler ! - ne laisse pas tomber ses citoyens. J’ai trouvé des fonctionnaires territoriaux dévoués, compréhensifs, compétents qui se sont « décarcassés » comme on dit chez nous pour nous venir en aide. Ensuite, j’ai découvert des personnes merveilleuses, ces aides-soignantes, ces auxiliaires de vie qui apportent non seulement leur savoir-faire, mais aussi et surtout leur sourire, leurs paroles, leur présence, leurs conseils éclairés, leur gentillesse, leur inépuisable générosité. Elles sont comme des rayons de soleil.
Un grand merci à Carole, Anaïs, Charlène, Charline, Aurélie, Nouria, Yasmina, Nadia, Patricia, Katia, Karine, Nina, Laeticia. Merci à Sylvie, à Sophie, à Nadia, à Anita, à Patricia encore. Merci aussi à Ervénie, à Nicole et à toutes celles qui ont enluminé la vie de ma compagne de leur venue et de leur présence éphémère mais si précieuse.
Et puis merci enfin à ma Nicole dont les difficultés m'ont permis de découvrir en moi des qualités de patience, de générosité, d'altruisme, de compassion que je ne me soupçonnais pas. Cerise sur le gâteau, elle m'a offert un sentiment d'une grande richesse, que peu d'hommes peuvent expérimenter : celui d'une mère pour son petit enfant ! Pas d'un père, ça, je connais. D'une mère-poule protectrice, qui ne dort que d'un œil, qui vérifie si sa protégée chérie est bien couverte, qui devine ses besoins, qui invente toute sorte de clowneries pour la faire rire.
Je suis devenu un mari-poule !
Puis est arrivé le covid, et Nicole l'a eu, comme moi, comme tous ou presque. Sans. dommage. Mais elle a eu aussi une infection urinaire, donc hosto, étonnemment en gériatrie... Je la trouvais, lors de ma visite tous les après midi, complètement éteinte, endormie, de dirais même estourbie... Personne pour m'expliquer quoi que ce soit. Elle ne mangeait que le soir parce que moi, en m'imposant, je restais pour lui donner la becquée. Le toubib? "Il faut l'appeler à ce numéro le matin de 10 à 11 h...."
Quatre jour après, à 6 heures du matin, coup de fil m'avertissant qu'elle était morte. Nouvelle me jetant dans un gouffre.
C'est toujours entre 2 heure et 4 heures du matin qu'on meurt à l'hosto...
Rivotril, nous voilà ? Qui lo sa... Il fallait de la place pour ces connards d'antivax covidés de frais...
J'en ai même fait un petit livre mode d'emploi;
Jean Victor JOUBERT
C’est la journée « Alzheimer ».
Vous voulez du vécu ?
En voilà.
- Tu te souviens Nicole lorsque tu étais fleuriste ? Tu étais belle à rendre jalouses les plus somptueuses de tes roses. Et efficace ! Bien des hommes achetaient chaque semaine un bouquet pour leur femme pour avoir l’occasion de te voir…
- C’est vrai. Il y en avait même qui m’offraient de beaux bouquets de roses rouges !
- Que tu t’empressais de remettre à la vente dès que ton soupirant transi avait tourné les talons !
- Chut ! Faut pas le dire ça…
-Tu étais la plus belle fleur de ta boutique, et c’est moi qui l’ai cueillie ! Tu t’en souviens ?
- Ben oui, un peu quand même… Tu m’as invité à aller à la mer je crois.
- Voilà. En fait, c’est drôle : un type en camion accroche et déchire l’aile de la belle bagnole de sport que j’avais à l’époque. Il se trouve que c’était à quelques mètres de ta boutique. Je n’avais pas de formulaire de constat d’assurance, le type du camion non plus, je suis donc entré dans ta boutique et je t’ai demandé si tu avais ce genre de chose. Tu avais, tu me l’as donné. C’était samedi. Le lendemain donc, je suis venu, je t’ai commandé un gros bouquet de roses rouges… que je t’ai offert ! Avec une enveloppe dans laquelle j’avais glissé un chèque intitulé ainsi : « 10 000 baisers » ! Et je t’ai invité à venir avec moi à la Grande Motte.
- « Oui, mais j’ai mon fils !
- Très bien. Quel âge il a ?
- Dix ans.
- Extra ! Moi j’ai ma fille qui en a onze…
Les deux gamins se connaissaient de l’école ! Ils ont tout de suite été copains et complices de nos amours.
- Oh oui. Non, je n’ai pas oublié, comme dit la chanson.
Même que j’ai manqué la sortie de l’autoroute tellement je reluquais du coin de l’œil tes longues jambes sous ta courte jupe en « jean’s »…. Puis la plage, le rituel complice de l’ambre solaire, les premières caresses plus ou moins fortuites, les premiers regards magiques, ceux qui disent tout… Enfin tu m’as ouvert ta porte, tu m’as ouvert ton lit, tu m’as ouvert ton cœur, tu m’as ouvert tout ce qu’une femme peut ouvrir à un homme. J’y suis entré, je m’y suis trouvé si bien… que j’y suis resté et que j’y suis encore, 35 ans après !
- Ouais ! C’est joli ça dit. Viens que je claque la bise.
- Puis tu as vendu ta boutique et tu es venue travailler avec moi. Au service publicité du magazine que je dirigeais.
- Ouais… Je me rappelle un peu. C’est loin ça… Je crois que je m’occupais du secteur rive droite du Rhône.
- Voilà. Tu allais de Nîmes à Montpellier, et même Narbonne, Perpignan. On allait même à Barcelone. C’est dingue ! Tu en faisais des bornes avec ta jolie petite bagnole branchée, la 309 « Green » avec toit ouvrant.
- Mon dieu. C’est vrai. Je me souviens de l’immeuble de la Région Languedoc-Roussillon à Montpellier. Dix-sept étages que je montai à pied. Parce que moi, les ascenseurs, j’ai peur…
- C’est ça qui te donnait de belles gambettes et une silhouette de reine. Tu es rapidement devenue la meilleure négociatrice de pub du canard. Les chefs d’entreprise et les dirigeants qui étaient tes interlocuteurs, tu savais les vamper ! Lorsqu’ils étaient trois à négocier face à toi seule, les pauvres, ils étaient en infériorité numérique !
À cette époque, je me suis rendu compte que Nicole avait des difficultés avec sa mémoire. Notre toubib m’a donc demandé de l’emmener en consultation chez un neurologue. Pas facile de convaincre quelqu’un de faire cette démarche. J’y suis pourtant arrivé non sans mal, avec l’aide de son fils Sébastien et nous voilà chez le spécialiste en question, à Avignon. Une horreur ! Neurologue, peut-être, mais avec autant de psychologie qu’un CRS dans une manif !… Le mec : petites lunettes cerclées d’acier, physique de sarment de vigne et comportement pète-sec. Très désagréable.
Nicole était évidemment perturbée par ce genre d’examen et voilà que ce type entame avec elle un véritable interrogatoire de flic. « Votre nom ? – Où êtes-vous née ? - Nom de votre père, de votre mère ? - Où êtes-vous ? - Combien font 100 moins 7 ? » etc. Il s’agit là d’éléments d’un test de dépistage des troubles de la mémoire, mais la manière de faire ce test n’était pas très appropriée. Puis il m’a fait venir et nous a dit, avec son air supérieur : « Il faut faire un scanner de la tête pour dépister une éventuelle tumeur du cerveau, puis un Doppler. Vous reviendrez dans un mois et on décidera… »
On a surtout décidé de fuir à tout jamais ce sinistre mec. Ce docteur Mengélé de sous-préfecture. Ma Nicole est sortie de là enfoncée dans les trente-sixièmes dessous. Il nous a fallu – à Sébastien et moi - des trésors de patience et de persuasion pour rattraper les dégâts occasionnés par un personnage dont on se demande ce qu’il fait dans le monde médical.
Deux ans plus tard, nous avons rencontré un autre neurologue, à Rodez puisque nous étions en Lozère. Très gentil, très doux, souriant, compréhensif, amical, et grâce à lui nous avons réussi à faire ces fameux examens qui nous ont rassurés d’un côté mais nous ont confirmé un diagnostic difficile à encaisser…
Nous faisions tout de même beaucoup de vélo, je lui faisais faire des Suduku, elle a ressorti la collection de timbres de son enfance, elle a entamé une collection de pièces de monnaies, je me suis toujours efforcé de lui garder une vie sociale : on reçoit des amis, on va chez d’autres, etc. Mais la descente est irréversible.
Il y a eu pour moi un moment crucial dans cette descente, c’est lorsque Nicole est devenue incontinente… Difficile de découvrir que ces lieux magiques, source de bonheur, ont aussi une fonction physiologique… La première fois que c’est arrivé, je me suis emporté contre Nicole. « Mais enfin, tu ne pouvais pas le dire ? Fais attention, merde ». C’était le terme approprié.
Alors, elle s’est accrochée à mon cou et, ses beaux yeux pleins de larmes, elle m’a dit avec une voix blanche de petite fille prise en faute : « J’ai pas fait exprès. »
Bien sûr qu’elle n’a pas fait exprès ! Bien sûr. Quel kon j’étais, quel sinistre abruti. Je me traitais intérieurement de tous les noms. Je me serais battu. C’est elle la plus malheureuse, la plus humiliée, pas moi. Alors je me suis juré de ne plus jamais, jamais, jamais lui « crier après ».
Nicole, ma belle maîtresse, ma compagne, ma chérie, mon amour sur laquelle est tombée une calamité, il y a une vingtaine d’années maintenant : Alzheimer. Une horreur. Vous voyez régresser jour après jour celle que vous aimez. Vous la voyez descendre irrémédiablement. Vous la voyez s’étioler physiquement, s’évaporer mentalement.
Vous subissez les conseils de personnes qui pensent que vous devriez « la mettre dans une maison spécialisée ». Moi je m’y suis toujours refusé et j’ai choisi de m’en occuper tant que je serai là. Mais ce tête à tête permanent avec la déchéance de la personne que vous aimez est très éprouvant. D’abord les dialogues qui s’étiolent, qui perdent toute pertinence, puis vient le coup de barre : lorsque, pour la première fois, vous êtes confronté à l’incontinence. Vous découvrez alors ce que vous avez tant adoré sous des horizons nouveaux si je puis dire…
J'ai eu la chance de rencontrer un vieux toubib qui m'a donné sans fioritures le "mode d'emploi" en quelques paroles: "Ces personnes communiquent par l'affectif. C'est bon ou pas bon, vous êtes ami ou ennemi. Ne jamais avoir des paroles ou des attitudes de colère lorsque elle répète trois fois la même demande. Elle a oublié, elle, mais pas vous ! Donc si vous intégrez cela, ça ira, sinon vous allez en prendre plein la gueule."
A partir de là, en parfait accord avec Seb, le fils de ma chérie, nous avons fait appel à de l’aide extérieure. Sous forme de la venue à domicile, chaque matin hors ouiquinde, puis tous les jours matin et soir d’une aide-soignante se chargeant de la toilette de ma compagne. Puis, deux fois par semaine par la venue d’une aide à domicile venant tenir la maison un peu mieux que ne le fait un homme !
Et j’ai découvert deux choses : d’abord que notre pays, notre république, même imparfaite – et je suis le premier à gueuler ! - ne laisse pas tomber ses citoyens. J’ai trouvé des fonctionnaires territoriaux dévoués, compréhensifs, compétents qui se sont « décarcassés » comme on dit chez nous pour nous venir en aide. Ensuite, j’ai découvert des personnes merveilleuses, ces aides-soignantes, ces auxiliaires de vie qui apportent non seulement leur savoir-faire, mais aussi et surtout leur sourire, leurs paroles, leur présence, leurs conseils éclairés, leur gentillesse, leur inépuisable générosité. Elles sont comme des rayons de soleil.
Un grand merci à Carole, Anaïs, Charlène, Charline, Aurélie, Nouria, Yasmina, Nadia, Patricia, Katia, Karine, Nina, Laeticia. Merci à Sylvie, à Sophie, à Nadia, à Anita, à Patricia encore. Merci aussi à Ervénie, à Nicole et à toutes celles qui ont enluminé la vie de ma compagne de leur venue et de leur présence éphémère mais si précieuse.
Et puis merci enfin à ma Nicole dont les difficultés m'ont permis de découvrir en moi des qualités de patience, de générosité, d'altruisme, de compassion que je ne me soupçonnais pas. Cerise sur le gâteau, elle m'a offert un sentiment d'une grande richesse, que peu d'hommes peuvent expérimenter : celui d'une mère pour son petit enfant ! Pas d'un père, ça, je connais. D'une mère-poule protectrice, qui ne dort que d'un œil, qui vérifie si sa protégée chérie est bien couverte, qui devine ses besoins, qui invente toute sorte de clowneries pour la faire rire.
Je suis devenu un mari-poule !
Puis est arrivé le covid, et Nicole l'a eu, comme moi, comme tous ou presque. Sans. dommage. Mais elle a eu aussi une infection urinaire, donc hosto, étonnemment en gériatrie... Je la trouvais, lors de ma visite tous les après midi, complètement éteinte, endormie, de dirais même estourbie... Personne pour m'expliquer quoi que ce soit. Elle ne mangeait que le soir parce que moi, en m'imposant, je restais pour lui donner la becquée. Le toubib? "Il faut l'appeler à ce numéro le matin de 10 à 11 h...."
Quatre jour après, à 6 heures du matin, coup de fil m'avertissant qu'elle était morte. Nouvelle me jetant dans un gouffre.
C'est toujours entre 2 heure et 4 heures du matin qu'on meurt à l'hosto...
Rivotril, nous voilà ? Qui lo sa... Il fallait de la place pour ces connards d'antivax covidés de frais...
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Jean Victor JOUBERT
11 septembre : God blesse America
Pourquoi donc riez-vous ?
Et applaudissez-vous ?
Sitting Bull le guerrier, et toi Geronimo,
Et les millions d’Indiens chassés comme animaux,
Massacrés par le plomb, par la croix, par la gnole,
Par les loques données chargées de variole.
Pourquoi donc riez-vous ?
Et applaudissez-vous ?
Lorsque s’écroule en feu le World Trade Center,
Orgueil de la nation des voleurs de vos terres …
Pourquoi donc riez-vous ?
Et applaudissez-vous ?
Esclaves noirs trimant dans les champs de coton,
Achetés, exploités et payés au bâton,
Humiliés, niés, traités pire que bêtes
Par des culs bénis blancs crispés sur leur gâchette.
Pourquoi donc riez-vous ?
Et applaudissez-vous ?
Lorsque s’écroule en feu le World Trade Center,
Orgueil de tous ces Wasps qui ont forgés vos fers…
Pourquoi donc riez-vous ?
Et applaudissez-vous ?
Salvador Allende, du fond de ton tombeau,
Et vous, Chiliens, assassinés par les Rambo
Lâchés sur vos richesses comme des chiens féroces
Pour que vos exploiteurs puissent rouler carrosse.
Pourquoi donc riez-vous ?
Et applaudissez-vous ?
Lorsque s’écroule en feu le World Trade Center,
Orgueil des spadassins de Henri Kissinger…
Pourquoi donc riez-vous ?
Et applaudissez-vous ?
Paysans communistes nés en Indonésie.
Vous étiez un million accusés d’hérésie,
Massacrés pour avoir soutenus Sokarno
Alors que les yankees préféraient Suharto.
Pourquoi donc riez-vous ?
Et applaudissez-vous ?
Lorsque s’écroule en feu le World Trade Center,
Orgueil du dollar roi qui nourrit les gangsters…
Pourquoi donc riez-vous ?
Et applaudissez-vous ?
Héroïques soldats paysans du Viet-Nam.
Vous avez écrasé l’armée de l’Oncle Sam,
Vous avez triomphé de cette soldatesque
De violeurs, de tueurs et de pasteurs grotesques.
Pourquoi donc riez-vous ?
Et applaudissez-vous ?
Lorsque tombent enfin les murs du Pentagone,
Vains remparts de la vanité anglo-saxonne…
Pourquoi donc riez-vous ?
Et applaudissez-vous ?
Enfants crevants de faim des faubourgs irakiens,
Disputant la pitance aux vautours et aux chiens,
Depuis que la « croisade » menée par l’Oncle Sam
Massacre les civils pire que sous Saddam.
Pourquoi donc riez-vous ?
Et applaudissez-vous ?
Lorsque tombent enfin les murs du Pentagone,
Qui vous envoie missiles et bombes félonnes…
Pourquoi donc riez-vous ?
Et applaudissez-vous ?
Civils vitrifiés par la Bombe yankee
Rayant Hiroshima comme Nagasaki
Non pas, comme il fut dit, pour terminer la guerre
Mais pour tester sur vous les horreurs nucléaires.
Pourquoi donc riez-vous ?
Et applaudissez-vous ?
Lorsque les feux du ciel par des mains fanatiques
En un bouquet de mort tombent sur l’Amérique.
Relève-toi ! Debout, peuple des Zuhessa !
Libère-toi des fers, des chaînes de forçats
Dans lesquels te maintient l’ultra capitalisme
Par sa télé débile et son consumérisme.
Renverse le pouvoir aveugle du dollar
Et celui des banquiers et boursiers vicelards.
Rafale les “ chairmen ” des multinationales
Qui ravagent le monde par leurs actions bestiales.
Demande-toi enfin, réflexion citoyenne,
Pourquoi donc ton pays suscite tant de haine !
Et comment es-tu pu par deux fois voter pour
Un malade mental aux délirants discours
Qui renie tes amis, felle tes ennemis
Aide les tyrannies, nous mène à l’agonie...
Redevient cet ami qui nous a fait rêvé,
Qui a laissé sa vie pour venir nous sauver.
Tu viens du monde entier, partout tu as des frères.
Valent-ils moins que toi ? Arrache tes œillères
Afin que la statue prénommée Liberté
Ne tourne plus le dos à la Fraternité.
Jean-Victor JOUBERT.
************
Kali-yuga
- Oh ! Victor. On dirait le ravi de la crèche ! A quoi tu penses ?
- Je pense que cette fois on y est.
- Où ? Dans la merde ? Ça on le sait Victor.
- La merde, comme tu dis, les Hindous appellent ça le Kali yuga.
- Késako ?
- Une fois, reprend Victor après un long moment de silence, il y avait Vishnou qui se tapait une petite sieste quelque part, tranquille, dans un infini bleu, rose, parfumé. De son nombril est sorti une fleur de lotus. Et ce curieux de Brahma, en regardant dans le col évasé de ce lotus, a vu la création du monde et toutes les successions des âges de ce monde... Ça s’appelle le kalpa et ça dure quatre millions trois cent vingt mille ans. C’est pas beaucoup si tu compares au quinze milliards d’années qu’aurait l’univers. Mais les hindous sont un peu radins.. Ce kalpa est divisé en quatre yugas : le krita-yuga (ça vient du chiffre 4) qui dure un million sept cents vingt-huit mille années, le tetra-yuga qui vient du chiffre 3 et dure un million deux cent quatre-vingt-seize mille années, le dvapara-yuga, du chiffre 2, qui dure huit cents soixante-quatre mille années et enfin le kali-yuga, du chiffre 1, le plus mauvais, et qui dure quatre cent trente-deux mille années.
La première époque, le krita-yuga, c’est parfait, c’est le pied partout, le paradis terrestre. Tolérance, concorde universelle, connaissance se transmettant oralement, de maître à disciple. Une connaissance de toutes les lois de la nature, de l’homme. Le bonheur à tous les étages... Des pouvoirs sur la matière, sur l’homme, insoupçonnables actuellement et dont les lamas tibétains garderaient, parait-il, les dernières bribes... Tous les besoins satisfaits sans efforts..
La deuxième, le tetra-yuga, c’est encore le panard, mais apparaissent quelques éléments merdiques. Mais c’est encore le paradis. Puis y en a un qui a commencé à faire quelque chose de ses doigts. Le début de la technique. Il y avait ceux qui avaient cette technique et ceux qui ne l’avaient pas. Déjà une séparation. D’où conflits... Mais quand il y avait des guerres, les deux armées se retrouvaient sur le terrain et, en fait de bataille, c’était de grandes joutes oratoires, philosophiques. Et ceux qui avaient les meilleurs arguments gagnaient. Les autres se soumettaient de plein gré à leur nouveau suzerain.
La troisième époque, le dvapara-yuga voit un équilibre équitable entre les principes d’ordre et de désordre. En faisant abstraction des durées de ces périodes déterminées par les hindous, on peut considérer que ce Troisième Age est marqué par le début de l’écriture. Le début de la dégénérescence : les hommes avaient besoin d’un support extérieur, technique, pour transmettre leurs connaissances. La technique a pris de plus en plus d’importance. Le clivage entre ceux qui la possédaient et les autres s’est fait plus marqué. Création de clans, de castes, de races, de nations et autres konneries. Surtout, aliénation des humains par les religions et leurs entreprises de décervelage universel. Les guerres sont devenues sanglantes. On tuait pour parvenir à ses fins. Mais suivant des règles bien définies. Ceux qui tuaient ne s’attaquaient qu’à leurs égaux de l’autre camp. Jamais un guerrier, un “ Kchatria ” n’aurait fait de mal à un être plus faible que lui.
- C’était un peu la Chevalerie chez nous...
- On peut dire ça. Enfin, la dernière époque, le kali-yuga, voit le triomphe du principe de désordre qui va en augmentant jusqu’à la disparition de l’univers par le feu. La technique s’est imposée comme maîtresse du monde. Deux classes bien distinctes selon le degré de richesse, de possession personnelle. Des conflits tournant à l’extermination, sans soucis de justice. On tue n’importe qui, n’importe quand, n’importe comment et surtout les faibles c’est-à-dire les civils. La technique est toute puissante et la machine tend à remplacer l’homme. C'est le règne des marchands, c'est le règne des Marchés tout puissants, et maintenant de "l'Intelligence Artificielle !" cette IA qui peut aussi vouloir dire "Imbécillité Addictive.
Le Kali Yoga, nous y sommes en plein dedans. C’est le quatrième et dernier âge, celui qui a commencé avec les konnards qui ont inventé l’agriculture, l’élevage, la propriété, les flics, la guerre. Quand l’Homme est devenu kon. Quand Cro-Magnon est parti en couille. Puis ce sont les grandes invasions, Gengis Khan, Napoléon, Hitler, les Ricains, Ben Laden, les nazislamistes, etc.
C’est le “Kali yuga” ! L’âge de Kali... Kali la noire... Kali la destructrice... Kali avec son collier de têtes de morts... L’émanation purificatrice et destructrice de Shiva.
Le monde va crever de lui-même. Peut-être pas par la guerre atomique mais par un dépérissement général de la planète - le changement climatique en est une manifestation - , par un saccage des forces de vie, par une impossibilité pour l’homme de se reproduire. Par une extinction du genre humain. Par un biocide universel...
La vie, les quatre âges de la vie, ça représente un jour de la vie de Brahma. Puis il y a une période de nuit égale à celle de jour. Et nous sommes au crépuscule. La vie va s’éteindre sur la Terre pour quatre millions trois cent vingt mille ans, ravagée par l’homme lui-même. Puis un nouveau cycle recommencera, lorsque la boule sera épurée. Ce sera le réveil de Brahma. Et ainsi de suite pendant cent ans de la vie de Brahma...
- On retrouve là Victor, de manière poétique et imagée, la théorie de l’expansion-contraction de l’univers !
- Exact. C’est peut-être vrai après tout. De toute façon, on ne sera pas là pour vérifier. Mais tout de même, c’est l’homme qui sera le fossoyeur du monde. Ça a commencé lentement, tranquille, à la petite semaine. Gengis Khan, c’était encore du bricolage. Napo, de l’artisanat. Maintenant, c’est du sérieux. Quand on se tue c’est par millions... Et on est capable de faire beaucoup mieux ! Hiroshima, c’était un pétard du I4 juillet par rapport à ce que ces kons qui gouvernent ont dans leurs frigos de l’épouvante.
Mais c’est pas le tout. Y a eu deux énormes guerres de l’homme contre l’homme. On s’est trituré la viande, on s’est fait cuire au napalm, on s’est un tout petit peu atomisé, on s’est foutu du gaz plein les éponges. Du bon gaz fétide qui te fait tomber le mou en quenouille... De la bonne bidoche partout, saignante à souhait. Avec des bras arrachés, des jambes arrachées, des tronches fendues avec une belle cervelle bien lisse et palpitante qui sort par les trous du nez. Manque plus que la branche de persil... De belles tripes bien ondulées, chatoyantes, irisées sous le soleil des bombes. On a pataugé, on patauge dans le bon sang chaud et âcre. Jusqu’aux genoux. Jusqu’au cou. Noyés dans le bon raisiné du prolo... On glisse sur les yeux arrachés et qui te font encore un clin d’œil étonné. Pas compris... Et je te file une indigestion de plomb dans le buffet. Et tu me coupes les couilles. Et je te fais griller tes gosses dans du bon napalm made in Houston. Et tu me passes mes femmes au court-bouillon. Ça sent bon la barbaque. Ça grille. La peau craquèle. Et les bons cris d’horreur. De souffrance. De terreur de pauvres kons qui comprennent pas pourquoi on les trucide. Et ça fait tourner mes usines. Et j’en essaye des bons produits insecticides, pesticides, hommicides, nyakouéicides, bougnoulicides, proloicides...
Et je t’endoctrine, et je te baratine, et je te démocratise, et je te démagogise, et je te missionnairise, et je te sectarise, et tu me votes, et tu me choisis, et tu bénis le fouet qui te torture, le couteau qui te saigne, le garrot qui t’étrangle, la muselière qui te bâillonne, la télé qui t’abrutit. Une chaîne, deux chaînes... Des chaînes. Toujours des chaînes, des chaînes...
- Oh ! Bois un coup, Victor, tu t'encagnes et tu deviens rouge comme un gratte-cul !
- Merci. Ah ! Ça fait du bien. La troisième de guerre, c’est plus contre l’homme qu’elle est déclarée. Ou plutôt pas directement. C’est contre la nature. C’est contre la planète. C’est contre la vie.
Ces kons d’hommes, dits évolués, ont plus fait de mal à la planète en 50 ans que le reste de l’humanité depuis qu’elle existe !
C’est la terre qui a le cancer. Et ce cancer, c’est l’homme ! On bouffe du dichlorurophényl-trichloro-éthanuromerdique, et va z’y que j’te pousse, du chloruane, de l’heptachlore, de l’époxyde, des naphtalènes chlorurés, de la diodrine manches courtes, de l’aidrine angora et plein d’autres saloperies qui regorgent d’atomes crochus de carbone qui lâchent un H pour récupérer d’autres C et d’autres H. Que des H, mais c’est pas du hasch, c’est les haches du bourreau. Qui nous tuent par-dedans ! Un bon foie à la dioxine... Bien bouffi, avec de belles scrofules purulentes. Des couilles, un foutre plein de DDT. Tu baises une femme : tu lui soignes ses morbacs ! Ça tue les moustiques, ça tue les puces et les punaises, ça va bien réussir à nettoyer cette larve qui s’appelle Homme. Et on n’en parlera plus. Bhrama pourra passer une nuit tranquille.
Et si ça suffit pas, on va te radioactiver ! De bons gros neutrons dans les gencives. Et ça t’en fait de belles leucémies, ça ! Très poétique... On crève de langueur... Mon cul ! Et je te file des centrales nucléaires partout. Je te fissionne, je te fusionne l’uranium, le plutonium, le plutôt nie homme, le plus tôt gnome ! Et je te l’enrichis cet uranium. Pour pas t’enrichir toi surtout... Et je te balance de bonnes giclées de rontgens bien cancérigènes, leucémirigènes, crétinigènes et ça te fait de beaux fadas, de beaux anormaux. Avec six pattes et pas de tronche. Un toutes les vingt minutes rien qu’en France...
- C'est comme ça Victor... C'est peut-être le kali...comme tu racontes si bien. Le plus intelligent des esclavagistes c’est celui qui a eu l’idée de donner quatre sous à ses esclaves. Comme ça ils se tiennent tranquilles... La pointeuse remplace le garde chiourme et les quatre ronds, remplacent le fouet... Cocus, battus et contents... Ça fait les prolos. Allez ! C'est ma tournée Victor. C'est toujours ça que Kali comme tu dis n'aura pas !
Victor AYOLI
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Écoute ! Écoute !
Un homme arrive chez Cartier, Place Vendôme à Paris, en compagnie d'une jeune femme splendide, et ensemble, ils choisissent un bijou de 50 000 euros pour elle. Au moment de payer, l'homme sort son carnet de chèques et, sans sourciller, le rédige. Le vendeur, lui, est un peu ennuyé car c'est la première fois qu'il voit ce couple à la bijouterie. L'homme s'aperçoit du malaise du vendeur et, avec beaucoup d'aplomb, lui dit: - J'ai le sentiment, très cher, que vous pensez que ce chèque est peut-être sans provision, n'est-ce pas ?... - Heu... Et bien... - Bien ! Voici ce que nous allons faire : vu qu'aujourd'hui c'est samedi et que ma banque est fermée, je vous propose que vous gardiez ce chèque ainsi que le bijou. Dès lundi, procédez à son encaissement et lorsque le paiement sera honoré, faites livrer le bijou chez Mademoiselle. D'accord ?... Le vendeur, rassuré, donne son aval à cette solution sans l'ombre d'une hésitation, assurant même, que la bijouterie prendrait à sa charge la livraison du bijou et qu'il s'assurerait en personne du bon déroulement de l'opération. Le lundi matin, à la présentation du chèque à la banque, celui-ci est bien évidemment en bois !!! En colère, le vendeur appelle le client qui lui répond : - Mais ce n'est pas grave ! Cela ne vous a rien coûté et moi j'ai baisé tout le week-end !!!... Merci beaucoup pour votre collaboration et sans rancune !
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